La
campagne électorale bat son plein dans les rues, les marchés et les quartiers d’Argenteuil. La bataille fait rage entre les partis, mais aussi à l’intérieur des partis et chacun essaie de séduire à
sa manière un électorat plutôt hésitant et méfiant. Toute une panoplie de moyens est engagée pour convaincre les Argenteuillais . Etat des lieux à moins de cinq semaines du premier tour des
municipales 2008.
Les plus en vue sont les militants et sympathisants du PS (parti socialiste) qui exhibent fièrement leur écharpe rose et
distribuent moult tracts, aux thématiques différentes, à la gloire de ce qu’ils voient déjà comme le futur maire d’Argenteuil, le conseiller général Philippe Doucet. Depuis bientôt quatre semaines,
Philippe Doucet et ses colistiers de Fiers-d’être-Argenteuillais font du porte-à-porte. Dans les rues et les marchés d’Argenteuil, les gens l’abordent avec « Monsieur le maire » et ça n’est pas
pour lui déplaire. « Nous avons décidé de frapper à la porte de chaque Argenteuillais », explique un militant de la MJS (Mouvement des jeunes socialistes) et d’ajouter que lui et ses camarades y
ont encore passé la journée du samedi et dimanche à faire les marchés et les abords du centre-ville. Ils sont rejoints un peu timidement depuis cette semaine par des militants du PCF (parti
communiste français) et de LO (lutte ouvrière). Ces deux partis, tout comme les Anti-libéraux, certaines personnalités de la vie locale et des écologistes, apportent leur soutien au candidat du PS
et se préparent à présenter une liste commune dès le premier tour.
Dans une réunion improvisée dans la soirée du 28 janvier au restaurant Kasba Aïcha, non loin du centre-ville, Philippe Doucet
harangue, comme à chaque fois, le comité de campagne et évoque les alliances passées avec le PCF et LO. Il cite également deux autres personnalités de la vie locale qu’il compte intégrer dans sa
future liste : Michel Tétart, Anti-libéral et ancien maire-adjoint aux finances sous la mandature de Roger Ouvrard, et Olivier Sellier, ancien maire-adjoint de Georges Mothron qui a rallié puis
quitté le Modem. Une manière de prouver que l’ouverture n’est pas l’apanage de la droite. A la question d’un militant sur le programme, il répond « Il est presque bouclé et sera disponible dans
quelques jours dans les boîtes émail des militants pour enrichissement ». Dans la foulée, Philippe Doucet évoque la venue de Ségolène Royal à l’hôpital d’Argenteuil et demande à des volontaires de
se mobiliser pour l’accueillir « comme il se doit ».
L'ex- candidate du PS à l'élection présidentielle, qui a collecté à Argenteuil 57 % des suffrages, s'est effectivement rendue le 30 janvier à l'hôpital Victor-Dupouy en restructuration à la suite
d'importantes difficultés financières. Elle n'a pas été autorisée à entrer dans l'établissement, mais l’accueil, qui lui était réservé par des militant de la gauche et quelques employés de
l’hôpital, au milieu d’une flopée de journalistes, était digne d’une vraie star.

Une aubaine pour Philippe Doucet que beaucoup d’Argenteuillais présentent comme le mieux placé pour battre la
droite. La ville, passée du PCF à l'UMP en 2001, paraît, en effet, récupérable par la gauche. Mais la dissidence d’Alain Leikine, autre conseiller général du PS, n’arrange pas les choses. Pour le
moment, du moins…
Alain Leikine : une dissidence qui sème la discorde
La semaine dernière a vu aussi l’alliance d’Alima Boumediène, la sénatrice des Verts, avec le dissident Alain Leikine. « Après
avoir rencontré les différents partenaires de gauche, pour confronter nos projets, les Verts ont fait le choix de s’engager avec Leikine», explique-t-elle dans un tract diffusé par ce
dernier. Les radicaux de gauche et le Parti des travailleurs se rangent également derrière Alain Leikine qui –faut-il le rappeler- est exclu du PS.
Au milieu de cette pagaille provoquée par le dissident du PS, les électeurs de gauche sont plus que désorientés. Inutile de dire que la droite se frotte les mains en voyant la gauche s’étriper.
Mais cette dissidence, si elle fragilise le candidat du PS, pourra-t-elle l’ébranler définitivement ? Pas si sûr, estiment certains observateurs de la vie politique locale. « Les gens ne sont pas
dupes. Ils voteront utile dès le premier tour et le mieux placé pour récupérer la ville à la droite, c’est bien Philippe Doucet. Alain Leikine affaiblit son image en agissant de la sorte. Quant à
Alima Boumediène, elle veut exercer une sorte de chantage pour que l’on parle d’elle. C’est un moyen d’exister pour l’un comme pour l’autre dans une perspective de négocier au mieux au second tour
», estime un militant associatif, très au fait de la vie politique locale. Quant à la LCR (Ligue communiste révolutionnaire), elle compte présenter sa propre liste au premier tour. Histoire de se
compter. « Au deuxième tour, nous appellerons à voter pour le candidat de la gauche le mieux placé pour l’emporter », confie Omar Slaouti, l’un des animateurs de la LCR à Argenteuil.
Dans ce brouhaha médiatico-politique qui règne au sein de la gauche à Argenteuil, Philippe Doucet paraît justement le mieux placé face au
maire sortant UMP, Georges Mothron. Le sondage réalisé tout récemment, à la demande du PS, le donne au coude à coude avec ce dernier. Les cinq dernières semaines avant le premier tour vont être
décisives pour le candidat de l’Union de la gauche qui compte améliorer sa notoriété en faisant du porte-à-porte. « C’est un homme intelligent qui a su régler diplomatiquement l’épisode houleux de
la pré campagne avec Faouzi Lamdaoui. Nous lui faisons confiance dans sa capacité de négocier pour un large rassemblement », assure un de ses proches du PS local. « J’ai une équipe qui
fonctionne bien. Je suis serein et ma main reste tendue », ne cesse de répéter Philippe Doucet à ses sympathisants. Son message sera-t-il entendu par le dissident Alain Leikine ? Les jours à venir
nous le diront. A suivre…
Prochainement, la campagne municipale du côté de la droite et du Modem.
http://www.argenteuil95.com
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